La Commission de lutte contre le Criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO) dont le Siège est à Alger, Algérie, est le garant de la durabilité de la stratégie de lutte préventive en cours de développement dans la région dans le cadre du Programme EMPRES en Région Occidentale (EMPRES-RO). Le mandat de la CLCPRO ne se limite pas au côté technique mais il englobe aussi les volets politique et institutionnel. Cette Commission joue en effet un rôle primordial dans la sensibilisation des responsables politiques de ses dix pays membres (Algérie, Burkina Faso, Libye, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Tunisie) sur la nécessité de mettre en place une stratégie de lutte préventive durable dans sa zone d'action et contrecarrer les populations allochtones du Criquet pèlerin pouvant venir d’autres régions telle que la Région centrale de l’aire d’habitat permanent du Criquet pèlerin. Ainsi, le but ultime des programmes et actions menés par la CLCPRO est que ses pays membres s'approprient individuellement et dans le cadre de la collaboration régionale la gestion permanente et efficace du problème du Criquet pèlerin.

 

Après la mise en œuvre de la Phase I du Programme EMPRES-RO (2006-2010) et la 1ère année de la Phase II (2014-2017) les nombreuses missions d’évaluation ont souligné les avancées importantes réalisées au niveau de la Région occidentale. Ainsi, grâce à leur engagement, à une bonne coordination régionale et aux importantes contributions financières des donateurs (AFD, BAD, FFEM, France, USAID, FAO et CLCPRO), les pays membres du Programme EMPRES-RO, en particulier ceux de la ligne de front (Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), ont accompli d’énormes progrès pour mettre en œuvre la stratégie de lutte préventive contre le Criquet pèlerin. Ces progrès se sont traduits sur le plan institutionnel par la création de structures nationales autonomes de lutte antiacridienne sur les plans juridique/institutionnel et financier ; ce qui constitue un gage indéniable pour la durabilité de la lutte préventive dans les pays et donc au niveau régional.

 

 

Donnateurs

 

Actuellement, les sept pays abritant des zones de grégarisation du Criquet pèlerin disposent d'Unités nationales de lutte antiacridienne (UNLAs) autonomes et opérationnelles, créées par loi de leur parlement respectif. Le renforcement des infrastructures, l’affectation du personnel et l’acquisition des équipements a complété ce volet institutionnel. En 2014, les budgets nationaux alloués aux Unités nationales de lutte antiacridienne couvraient en moyenne plus de 60 % des dépenses de fonctionnement pour les quatre pays de la ligne de front et 100% pour les six autres pays membres de la CLCPRO.

 

 Centres de lutte antiacridenne dans les pays de la ligne de front

 

Ces efforts des pays ont été renforcés sur le plan régional par les nombreuses décisions prises lors de la réunion des Ministres en charge de la lutte antiacridienne tenue en mars 2009 à Bamako et consignées dans la « Déclaration de Bamako » et, par une étude institutionnelle pour améliorer les rôles et responsabilités des commissions de lutte contre le Criquet pèlerin créées en vertu de l’article XIV l'Acte constitutif de la FAO et par la préparation d’un cadre global de gouvernance et de financement durable de la lutte contre ce ravageur. Ainsi et à titres d’exemples, (i) les contributions annuelles attendues des pays membres au Fonds fiduciaire de leur Commission sont passées de 227 0000 à 639 000 USD en 2011 et (ii) les pays membres ont créé en 2014 un Fonds intitulé « Fonds régional de gestion du risque acridien » pour les situations acridiennes de résurgence et de début de recrudescence et qui vise à renforcer la coopération sud-sud.